En route pour l’ocean

Parfois à contre-courant mais la plupart du temps au fil de l’eau je rejoindrai à vélo cette terre qui t’a vu partir il y a juste un an.  Une semaine de parcours pour reprendre mon souffle. Un mois de préparation. Des conseils et des encouragements. Un objectif : en route pour l’océan. Départ samedi 11 juin. Allez, je t’emmène avec moi pour ce dernier voyage.


Jour 1 / Les Lilas – forêt de fontainebleau ( Gorges d’Apremont) : 80km  

Derniers préparatifs – bisous les colocs – c’est parti – rue de Bagnolet – Bords de Seine – rive droite – Athis Mons – avions – Seine inondée – cave vidée – odeur de vase – Ris Orangis – voies sur berges fermées – RN7 – traversée de Corbeil – longue montée – canal du Loing impraticable – campings fermés – changement de programme – direction fontainebleau – interminables montées – fatigue de jambes – fruits secs – forêt de fontainebleau – Gorges d’Apremont – clairière isolée – chêne géant déraciné – montage de tente – révision matériel – Miam – dodo – bercé au rythme d’une free party lointaine.


Jour 2 / Forêt de Fontainebleau – camping de la vallée – Combreux : 113km

Réveil 6h – rangement et petit-dej avant arrivée pluie – descente vers fontainebleau – café devant le château – touristes chinois – grosse patate – direction Nemours – lignes droites – montées – canal du Loing effectivement impraticable – gadoue – retour sur nationale – longues montées – fromager – arrivée vers Montargis – rêve de pâtes – erreur lecture de carte – détour – canal d’Orléans (enfin!) – pâtes – voies sur berges dans la boue – faux plat – bistrot – clientèle ivre – encouragements – l’église sonne 15h avec un rayon de soleil – départ après la pluie – re-gadoue – fausse route – chevaux – demi tour – forêt de pin inondée – panneau camping – rêve d’une douche – moutons – découverte de l’étang de la Vallée – camping ouvert – tente – nettoyage matériel – déluge – nettoyage de moi – manger – téléphone copilote – compte rendu météo et km – dodo … Et déluge vers 1h du mat..


Jour 3 / Combreux – Blois (chez la maman de jules) : 110 km

7h la pluie se calme – démontage – mangeage – brossage – départ – erreur de lecture – détour – travelling scierie – pluie – canal d’Orléans – longues lignes droites sous la pluie – pharmacien qui pleure les dégâts après inondations – acide borique pour les pieds – entrée dans Orleans – zone industrielle interminable – quai du canal qui se jette la Loire – sardines sous un pont en attendant que la pluie passe – Loire à vélo – villages – pluie – corbeaux qui pêche du pain dans la Loire a la lutte avec des gros poissons – gros courant – pluie – route déserte – ça tire – quelques blés dans des champs de coquelicots – des oiseaux m’accompagnent toujours – centrale nucléaire – les kms s’égrènent lentement – vent de face – pâte de fruit – Blois à l’horizon – joie – ca tire toujours – arrivée en ville – dernière montée de classe 3 pour arriver à la gare – super accueil – méga douche – méga lasagne – méga dodo


Jour 4 / Rue courte, Blois – Camping du Lac, Langeais : 103km

Réveil dans une couette – papote au petit-dej – explication d’un raccourci – prépa – baume du tigre – faux départ – redépart – lotissement des années 80 – forêt de Coulaine – raccourci – j’embarque des hollandais perdus – ça descend sec dans un sous bois boueux – du soleil (enfin) – onzain – la Loire est tumultueuse- Chaumont sur Loire – route départementale – Amboise – pâtes – banlieue de tours – jardins ouvriers – traversée de la ville par avenue marchande – tramway – Manif contre loi El Komry -2 cyclistes me dépassent ( les mêmes qu’hier) – plusieurs demi tour – bords du cher inondés – gros vent d’ouest – hectares de champs de maïs inondés et se déversent dans le Cher – odeurs nauséabondes – jardins ouvriers inondés – les savonnières – limo – levée de la Loire trop chouette – langeais – camping municipal – accueil top pour le client du jour – recherche d’un endroit pas trop détrempé – douche – Resto – rosé !


Jour 5 / Langeais – Camping de l’île, Pont de cé  : 97km

Nuit sous la pluie – réveil entouré d’eau – ciel bleu – le soleil pointe son nez – séchage de la tente – rangement – thé – céréales – départ 9h30 – adieux avec la gérante du camping – c’est reparti – peu de vent – du soleil et des nuages – traversées de villages et de champs – banc de mouettes – herbe coupée – Candes st Martin – touristes anglais trop classe –  mes pensées s’évadent – les chemins des bords de Loire sont encore plein de vase – ça colle aux roues et ça pue – je croise du monde à vélo, bcp d’anglais et hollandais qui ont vraiment la classe des touristes que les français n’ont pas – constructions dans la roche ou à côté – splendide – embouchure de la Vienne qui se jete dans la Loire – Saumur – je file comme le vent sur une départementale pendant 30 km – au loin un orage est là mais le vent tourne et il vient plus du sud – pause goûter – évaluation des risques de se prendre une saucée – vols harmonieux des hirondelles au dessus de l’eau pour bouffer les mouches – ce voyage est ponctué de micro événement – loin du spectaculaire – plus que 7 km – à fond – effectivement la tempête vient de passer et une autre approche – on accélère – la tente est montée – double toit au cas ou – ce soir c’est soirée au camping de caravane pliante – je m’attends au pire


Jour 6 / Pont-de-Cé – Bonnoeuvre (chez la famille) : 73km

Réveil humide – pliage de tente – rituels du matin – rangement sacoches – averses au départ – bords de Loire inondés – café – montées – descentes – jolies campagnes – grand soleil – montées – descentes – ânes – champs de coquelicots encore – voie ferrée – usine de parpaings – 40000 tonnes de poissons morts – eaux stagnantes – pollutions – démarcation des inondations – traversées de nationales – distributeur de fraises – longues montées – poids lourds à fond – retour en campagne – villages déserts – premières averses à l’abri – tajine lyophilisé – plus que 10 bornes –  nuages noirs – vents qui changent de direction – orage et pluies torrentielles en forêt – test d’étanchéité passé avec succès ! – voie verte – arrivée en terrain connu – lessive – remise au sec – reconnexion – famille – lasagne – vin blanc – clic clac


Jour 7 / Bonnoeuvre – Rezé (chez Julien et Claire) : 56km

Départ frais comme un gardon – pas de démontage – voie verte pendant 30km – ligne droite qui coupe d’autres chemins – réflexion sur les routes qui se croisent, sur les gens qui se croisent à des temporalités décalées – toujours tout droite – mauves sur Loire – ça monte et ça descend sévère pour arrivée au niveau zéro – longe la Loire – à fond les ballons pour éviter l’orage – je ne n’évite pas l’orage – j’attend que ça passe sous un semblant d’abri – des grosses gouttes – 600 mètres plus loin j’aurais pu m’abriter sous un pont – périphérique nantais – cyclistes – super u  – piste cyclable le long de la Loire – ne pas descendre en dessous des 21km/h – bonjour aux passants – pont Rousseau – motard qui manque de me renverser sur la piste cyclable mais qui engueule l’automobiliste qu’il essayait de doubler par la droite – dernière montée avant la maison en bois – petite balade de santé – copains – bébé – reconnexion – refaire le monde – dodo


Jour 9 /Rezé – Rue Boileau, Challans : 60km

Dernière ligne droite – en route pour l’océan – périphéries de ville – marais – 80 coups de pédales à la minute – routes vendéennes – air frais – un an après !


« Parmi les doux transports d’une amitié fidèle,
Je voyais près d’Iris couler mes heureux jours :
Iris que j’aime encore, et que j’aimerai toujours,
Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle :

Quand, par l’ordre du ciel, une fièvre cruelle
M’enleva cet objet de mes tendres amours ;
Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours,
Me laissa de regrets une suite éternelle.

Ah ! qu’un si rude coup étonna mes esprits !
Que je versais de pleurs ! que je poussais de cris !
De combien de douleurs ma douleur fut suivie !

Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi :
Et, bien qu’un triste sort t’ait fait perdre la vie,
Hélas ! en te perdant j’ai perdu plus que toi. »

Amitié fidèle, Boileau – 1654

 

By loic